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GERARD74230

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MessageSujet: TMB 1   Mar 18 Aoû - 18:42

TMB 2009 12/13/14/15 août Récit de course


Lever à 4 h 00 du matin. La nuit a été courte mais tout est prêt. Je prends un solide petit déjeuner car je sais que la journée sera longue et qu’il me faut emmagasiner de l’énergie.

Peu de voitures sur la route et voyage sans encombre jusqu’à Chamonix. Je gare ma voiture sur le petit parking situé à côté de l’ENSA. Vers les 7 h 30 je démarre mon premier TMB. La météo s’annonce excellente les 4 prochain jours. C’est le temps que je prévoit de mettre. Mais si sur le papier ça parait passer (cela représente en moyenne un marathon par jour), c’est la première fois que je m’aligne sur une telle distance et je ne suis sur de rien. Au besoin je peux tirer sur le dimanche.

J’ai prévu de coucher à Chappieux, Bertone et Champex. Le couchage est réservé, j’ai donc une obligation de respecter mon programme. Je n’ai jamais emprunté le parcours et j’espère ne pas me perdre ou me tromper de chemin.

J’emporte avec moi un sac à dos AARN 33 litres contenant ce qui me semble indispensable pour faire face à un changement de météo ainsi que diverses affaires de toilettes, pommade anti échauffement, huile et pastilles d’arnica, sandwichs, frontale, tong, sac à viande, gros appareil photo, pansements…. Bâtons Xénon de Camp, et Asics trabucco aux pieds.

Ma première inquiétude concerne justement mes pieds pas encore remis d’une longue sortie avec grosses chaussures et du X trail Courchevel d’il y à 2 jours où j’ai eu le plaisir de saluer Dawa qui a encore gagné. A titre préventif j’ai mis deux pansements à mes petits doigts de pied et des gros pansements derrière les talons.
J’ai rajouter également une semelle amortissante supplémentaire et mes pieds se trouvent un peu à l’étroit.

Je longe l’Arve sur la droite pour sortir de Chamonix comme on me l’a expliqué. J’arrive à l’entrée du chemin forestier et me mets à trottiner lentement, sans me fatiguer. Le chemin est très agréable et il fait frais. Je rencontre ou croise d’autres personnes en footing ou bien à vélo. Après 1 h 20 , j’arrive aux Houches que je traverse pour prendre le chemin qui monte à Voza. Je regrette cette longue partie de goudron qui finit tout de même par s’achever au départ d’un télésiège. Surprise, je reconnais l’endroit où j’ai campé par hasard il y a 2 ans entre le trail des Frahans et le cross du Mont Blanc ! le monde est petit.

J’arrive à Voza au bout de 3 heures, puis je monte à Charme où il y a déjà pas mal de monde. Je me dirige ensuite vers Bionnassay en suivant les panneaux. Après une bonne descente dans les bois, me voilà sur une route goudronnée que je commence à remonter sur environ 2 km pour arriver au village. Je croise alors un unimog qui était prêt de la ferme qui vend du fromage lorsque je descendais et je comprends alors que j’aurais pu prendre un chemin jeepable qui part sur la gauche et qui m’aurait éviter la route et le dénivelé positif consécutif…next time.

Je mange mon sandwich et après je vais boire une bière en mangeant une tarte aux mitrailles à l’auberge de Bionassay puis je repars direction Champel, la Vilette et les Contamines où j’arrive après 6 h 20. Je rejoints le chemin qui longe le torrent, direction notre Dame de la gorge. Le chemin est magnifique et il y a énormément de monde. La monté vers la Balme est bien raide mais il faut avancer car l’arrivée est encore loin. Je passe la Balme après 8 h 10 et me dirige vers le col du Bonhomme. Il n’y a presque plus personne sur le chemin en cette fin d’après midi.

Les paysages sont extraordinaires malheureusement j’ai commis l’erreur de ranger mon appareil photo dans mon sac à dos et je n’ai pas le courage de le sortir. Peu avant le col du Bonhomme, je croise un couple de trailers que je connais de vue car ils président à l’organisation du Nivollet Revard. Ils répètent pour l’UTMB. On parle un peu puis nous nous séparons. Enfin le col du bonhomme, le vent souffle et je suis seul. Trois chemins s’offrent à moi. Un seul est indiqué mais ce n’est pas le mien. J’hésite donc entre les 2 autres. Un descend droit devant vers des bâtiments que j’aperçois au loin, l’autre part sur la gauche.

Après bien des hésitations, je choisis celui de gauche en pensant que si je me trompe, je n’aurais qu’à redescendre… Plus loin, je retrouve des traces de peintures qui me rassurent. La traversée dans ce paysage de rochers est splendide et je ressens pleinement l’immensité de ces montagnes. Tout à coup, une grosse marmotte démarre dans mes pieds. Elle était au pied d’un rocher et elle m’a fait peur car je ne m’y attendais pas. Remis de ma surprise je continue et aperçois au loin des silhouettes sur la crête qui surplombe la croix du petit bonhomme. Au sommet du col, il y a une sorte de kern énorme et rond avec des tissus colorés. Je pense que ça ferait une belle photo mais je ne suis pas en avance. Tant pis.

J’aperçois le refuge et j’y arrive après 10 h 30 de course. La fatigue est là mais je sais que je n’ai plus de dénivelé positif. J’échange quelques mots avec une personne au refuge puis je descends vers mon arrivée d’étape les Chappieux.
Longue descente qui me fait très mal aux pieds car elle me pousse vers le bout de la chaussures. J’ai hâte d’arriver pour quitter mes chaussures et aussi parcequ’il commence à se faire tard et que je n’ai pas de portable pour appeler le refuge et confirmer mon arrivée et le repas. La descente n’en finit jamais. Je zig zag à n’en plus finir. Je prends peur en regardant les temps indiqués sur les panneaux 45 m puis 20 m puis j’arrive enfin.
50 km et environ 2 800 + (cf tableau excel site UTMB) desquels il faut retirer la variante St Gervais que j’ai chintée.
Surprise, c’est une auberge qui n’a rien d’un refuge de montagne. Il y a à côté un tas de caravanes et la salle est pleine. La serveuse me demande de manger sans prendre ma douche car ils terminent le service. J’ai quand même le temps de quitter mes chaussures pour mettre mes tongs et d’aller aux toilettes. Un vrais bonheur !

Le repas est copieux. Je jette un œil au road book pour voir l’étape de demain puis je monte faire ma lessive et prendre une douche apaisante. Séance d’auto massage à l’arnica que je recommencerai demain matin avant de partir. La nuit est bonne, je suis dans une chambre individuelle, la fenêtre est ouverte, il fait bon.

Je me lève vers sept heures et descends prendre mon petit déjeuner. Plusieurs bols de thé, 2 bols de fromage frais, des tartines. Je suis armé pour la deuxième étape qui doit me conduire à Bertone (Italie). Au programme 32 km pour un dénivelé positif de 2 200 m. C’est donc du gâteau par rapport à la veille, enfin c’est ce que je pensais avant de partir…

Je suis étonné de ressentir une impression de bien être au niveau de mes pieds. Je n’ai plus mal. Je prends donc la route après avoir fait le plein d’eau et avoir accroché mes vêtements lavés la veille au dos de mon sac au moyen de pinces afin qu’ils sèchent en route. Environ 5 km de route goudronnée avant d’attaquer le col de la Seigne. Il y a déjà beaucoup de monde devant moi. J’en rattrape puis double certains puis j’entends venir derrière moi à grande vitesse un couple de trailers. Nous nous saluons puis ils me dépassent rapidement.

Aucun doute on ne joue pas dans la même catégorie ! En partant j’ai pris mon appareil photo en bandoulière et j’arrête pas de shooter. Vive le numérique ! Un peu plus loin, je retrouve mon couple de trailers qui procède à des soins de pieds. Je m’arrête pour m’enquérir de la situation et demander s’ils ont besoin de quelque chose mais ils ont ce qu’il faut. Elle est brésilienne et son copain Catalan. Lui fait parti d’un team de Catalogne et a du abandonné l’an passé. Je leur dit que les Catalans sont très forts. Lors du master des neige en début d’année qui compte pour la coupe d’europe des courses de raquettes, ils ont tout raflé. Bien sur on évoque Kilian qu’ils avaient cherché à contacter pour venir s’entraîner ensemble…

En espagnol la convivialité est d’office. Plaisir d’une conversation, d’un échange puis je repars les laissant derrière moi. Juste avant d’arriver au refuge, au bout de la route goudronnée ils me dépassent à nouveau. Je demande à Arnaud de confirmer mon arriver à Bertone. Lorsque j’arrive au refuge de (maison longe ? les Mottets ? ), j’aperçois un gars torse nu en corvée de pluches. Bref salut, je refais le plein et je pars à l’ascension du col de la Seigne. Je suis un au milieu de tout les autres. Je mets plus de temps que prévu pour arriver au sommet (2 h 47 m depuis le départ) mais il ne me reste plus que 22 km… photos, imprégnation du lieu et hop, je passe en Italie.

La vallée qui s’offre devant moi est tellement vaste. J’aperçois bientôt un beau bâtiment où j’espère boire une bière. Mais quand j’arrive, il ne s’agit pas d’un refuge mais plutôt d’un musée consacré à la montagne. La personne qui travaille là m’informe qu’Elisabeta se trouve à 35 m. Je poursuis donc ma descente mon appareil photo dans la main gauche, mes bâtons dans la droite. Qu’il est loin Elisabeta. N’empêche, je prends plein de photos qui je le sais me feront bien plaisir plus tard. Le fond de la vallée est complètement plat. J’aperçois au loin un tracteur qui travaille. Sa présence en ce lieu me semble un peu surréaliste. Je finis par apercevoir des ruines très belles dont il ne reste plus que les murs en pierre. Je prends plusieurs photos, puis j’aperçois en surplomb Elisabeta juste en dessous du glacier. Je mange le sandwich qu’il me reste avant d’aller déguster une tarte aux myrtilles accompagnée d’une grande bière. L’accueil est chaleureux et je m’assois à la table d’un italien qui ne parle pas très bien français. On se comprend quand même un peu.

Il veut me faire prendre le bus au lac de Champel pour rejoindre le départ d’un chemin qui conduit à Bertone et dont j’ai oublié le nom car, me dit-il, il n’y a rien d’intéressant entre Champel et Courmayeur et puis c’est long … Je sors alors mon road book de l’UTMB et lui montre. « Ha mais si vous devez passer par maison vieille, c’est autre chose, mais c’est très loin. Si vous n’arrivez pas trop tard, vous pourrez encore prendre le télésiège qui redescend sur Courmayer ».

Décidément, nous n’avons pas la même échelle de valeur. Je veux tout faire à pieds… Je le remercie puis direction le lac de Champel. Le parcours est exceptionnel cette grande vallée plate où serpente un cours d’eau me rappelle un paysage semblable de Colombie où je me trouvais en début d’année : el valle de los frajileones dans la sierra nevada del cocuy qui compte pas moins de 20 sommets à plus de 5 000.

Je stoppe tous les 50 mètres pour prendre des photos. Les couleurs sont magnifique, Juste avant le lac, deux torrents se rejoignent. Ils ont chacun une couleur d’eau différente. Celui qui descend des glaciers véhicule une eau très blanche et grise qui tranche avec la clarté de l’autre branche. Je prends une centième photo abasourdi par la beauté des lieux. Puis c’est la montée vers vieille maison. Belle monté. Je prends rapidement de la hauteur sur la vallée qui commence à s’étirer en dessous de moi. Soudain un fracas énorme et continu se fait entendre. C’est très impressionnant. Une avalanche de roche s’est déclenchée sur le versant opposé. Je mitraille. Un énorme nuage de poussière envahit un pan complet de la montagne. Je continue pour arriver sur l’arrête du Mont Favre.

Déjà 5 h 34 que je suis parti. En redescendant vers vieille maison, je croise plusieurs chevaux bâtés ainsi que les randonneurs qui les accompagnent. J’emprunte des chemins fantastiques pour aller vers maison vieille. Abondance de végétation aux couleurs vert clair, épineux peut fournis, prétexte à de nombreuses autres photos. Après 6 h 40 m, je finis par atteindre maison vieille. Chaude alerte dans les 500 derniers mètres, je me tords la cheville bêtement en marchant. Je tombe à terre. La douleur est fulgurante et en une fraction de seconde je me demande si je vais devoir m’arrêter là ? Je reprends peu à peu ma respiration normale, puis me remets sur pieds et continue. Je m’enfile une grande bière au refuge et m’assois un instant.

Quelques minutes de repos puis descente sur Courmayer. Je continue sur le chemin du TMB , le panneau indique 1 h 45 je crois. Le chemin est très poussiéreux mais magnifique. Je descends tranquillement, croise un trailer qui monte. Peu avant d’arriver dans la ville je dépasse un groupe de jeune à qui je demande la direction de Bertone. L’un d’eux vient d’Argentine, il m’indique le sommet de la montagne à gauche et me dit que je dois aller chercher la route qui passe au pied de l’église. Après une heure de descente, j’entre en ville. Je demande mon chemin plusieurs fois et me dirige sans me tromper vers la gauche, puis je traverse le torrent et remonte vers la droite. Aucun panneau n’indique Bertone. Un restaurateur me dit : « en courant ça prend 45 m ». Pas moi en tout cas. Je me dirige tant bien que mal malgré l’absence de marquage.

Une femme m’indique en anglais que je dois passer par Val Cenis pour monter à Bertone ! ! ! non non non surtout pas, il existe un autre chemin. Je poursuis puis elle me rappelle. Oui effectivement si vous allez tout droit vous arriverez à un chemin qui y conduit. Ca c’est mieux !

Joueurs ces italiens ! Je n’arrête pas de monter or le quartier s’appelle Viller inférieur !

Enfin la route goudronnée prend fin. Enfin un panneau qui indique Bertone. Je suis mort et la montée se fait lentement. Que c’est dur ! Le bout du calvaire approche, j’aperçois plus haut des habitations. Encore quelques minutes puis me voici. L’étape m’aura pris 9 h 45 ! Au moment où j’arrive, Arnau ouvre la porte et sort. Il m’accueille avec une mauvaise nouvelle : le service vient de se terminer !

J’entre vite et je demande s’il est possible de manger malgré tout. La fille qui m’accueille me demande d’aller poser mon sac à dos dans le dortoir pendant qu’elle voit avec le cuisinier. Je reviens vite et Arnau me présente un couple qui vient d’Andalousie avec qui il a déjà lié connaissance. Il font également le tour mais en 8 jours. Je m’assois à leur table et nous commençons à rigoler. La compagne d’Arnau s’est blessée. Elle a pris le bus à Courmayer pour rentrer à Chamonix. Il la rejoindra demain.

J’avale une grande bière et la fille du refuge m’apporte une assiette de pâtes avec de la sauce tomate. Je me dis que c’est mieux que rien et que c’est le prix à payer pour être trop lent. Mon assiette est vite avalée et je lui rends mon assiette et mes couverts. Surprise, elle me demande de garder mes couverts ! Arrivent ensuite deux gamelles de haricots et de viande en sauce ! c’est succulent. Puis une part de gâteau en dessert. Le top.

L’ambiance est à la rigolade mais voilà qu’on me presse d’aller prendre ma douche et me remet un jeton ? mes compagnons de table m’expliquent qu’il faut introduire le jeton pour avoir de l’eau dans la douche mais que la quantité d’eau est très limitée. Il faut donc arrêter l’eau après s’être mouillé, se savonner puis remettre l’eau pour se rincer.

Malgré les conseils avertis, voilà que l’eau se coupe et que je suis encore plein de savon. Je sorts alors de la douche pour finir de me rincer aux lavabos en plein courant d’air mais au moins je suis propre. Quel luxe !
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